Contacts, masques, confinement: le CNS veut frapper fort ce lundi!

Analyse
Contacts, masques, confinement: le CNS veut frapper fort ce lundi!
©News

Bulle : une réduction des contacts de 15 à 10. On pensait que la décision tomberait déjà la semaine dernière. Le répit n’aura été que de courte durée. La mesure devrait figurer, avec beaucoup d’autres, dans le rapport du Celeval que le gouvernement a réceptionné ce dimanche. Il s’agit de la cellule d’évaluation présidée par le SPF Santé publique et composée de représentants de Sciensano, du Comité scientifique sur le Covid-19, du Conseil supérieur de la Santé et d’autres administrations des différents niveaux de pouvoir. À noter que le bourgmestre d’Anvers vient de réduire ce nombre de 15 à 10 contacts dans sa ville. Dix contacts par famille, pas par personne… Mais, à Anvers, on en exclut les personnes rencontrées au travail, au club de sport ou au camp scout…

Reconfinement : pas possible qu’Anvers y échappe ! Comme vous le lirez par ailleurs, il y a une véritable bataille d’experts autour du reconfinement (même partiel) de la ville d’Anvers, la plus touchée par cette nouvelle vague. On s’attend donc à ce que le sujet soit sur la table du CNS et entraîne une décision peut-être radicale. Une chose est sûre : le débat risque d’être chaud. Hier après-midi, le vice-Premier ministre MR et ministre du Budget, David Clarinval, a lâché « qu’il ne faudrait pas que les bourgmestres des communes où le virus progresse renvoient la balle au fédéral et s’abstiennent de prendre eux-mêmes des mesures impopulaires : le bourgmestre d’Anvers doit prendre ses responsabilités et ne pas se cacher derrière le fédéral. Bart De Wever doit prendre des mesures courageuses. » Un message que son président de parti, Georges-Louis Bouchez, a aussi envoyé sur les réseaux sociaux… Par contre, un autre écho se fait entendre au fédéral, affirmant qu’on ne peut laisser un bourgmestre décider seul d’un reconfinement, qui finira par avoir des répercussions sur tout ou partie du pays ; ce qui le laisserait quelque part « prendre une région ou le pays en otage » s’il ne décide pas ce reconfinement, contre toute logique. Cette tendance plaide pour une décision concertée entre le CNS et ces communes. Qui aura le dernier mot ? Réponse ce lundi matin.

Masques : sans doute pas de généralisation. L’obligation du port du masque dès que l’on sort de chez soi a la cote auprès de plusieurs experts. Il se dit que cela faciliterait la protection, mais aussi la compréhension des dernières mesures à ce sujet : pourquoi dois-je porter le masque dans la rue commerçante A de ma commune et pas dans la rue commerçante B ? Il semble toutefois que la tendance ne serait pas à revenir sur la décision prise jeudi. Serait-il plus censé d’obliger des gens habitant une commune rurale de le porter quand ils se baladent dans les champs ? Bref, les autorités locales devraient continuer à avoir le dernier mot. À Anvers, Bart De Wever a décidé, hier après-midi, de ne pas rendre le port du masque obligatoire dans sa ville, mais d’obliger les Anversois de plus de 12 ans à en avoir un en poche en permanence.

Horeca : vers une fermeture avancée des bars et cafés ? Encore une mesure qui aurait pu tomber jeudi dernier et qui risque de se retrouver sur la table ce lundi. Il est possible que l’heure de fermeture des bars et cafés soit avancée (d’une heure, voire plus. Certains évoquent 22h). Une distinction serait alors faite par rapport aux restaurants dont l’heure de fermeture ne changerait pas. Précisons bien qu’il s’agit d’une possibilité, pas d’une décision sûre à 100 %.

Moins de participants à un événement ? C’est probable. En août, il était question, au départ (c’était dans la phase 5 des assouplissements) de doubler le public admis à des événements (fêtes de village, compétitions sportives, etc.). Cela a déjà été renvoyé au frigo. Mais une marche arrière pourrait être maintenant enclenchée. On pourrait donc avoir moins de 200 participants pour un événement à l’intérieur et moins de 400 en extérieur… À tout le moins, « ces participants seraient mieux encadrés », nous dit-on. À propos d’événements, certains plaident pour l’annulation de la Foire du Midi, à Bruxelles, le plus grand événement forain du pays, qui avait déjà été décalé de la mi-juillet au début du mois d’août. De son côté, le ministre des Sports flamands, Ben Weyts (N-VA) a décidé, hier, que le public ne sera plus autorisé à assister à des activités et compétitions sportives (indoor ou plein air) à partir de lundi. La mesure vaudra tant pour les activités et compétitions sportives professionnelles qu’amateures.

Télétravail : piqûre de rappel pour les employeurs ? Le télétravail n’est actuellement plus que recommandé aux employeurs et plus d’un y a quasiment renoncé. Il n’est pas impossible que les autorités rappellent ses vertus aux employeurs…

Vacances : pas encore de fermeture des frontières. La mesure se retrouverait également dans le rapport du Celeval, mais n’aurait aucune chance de passer… Pour l’instant, elle semble disproportionnée par rapport à la situation, certes inquiétante, mais pas encore alarmante. Rappelons qu’à la fin de cette semaine, un formulaire (en ligne) devra être rempli par toute personne vivant en Belgique et revenant d’un voyage à l’étranger (deux jours avant son retour).

Tests plus massifs dans les zones les plus touchées ? C’est également une demande des experts. Yves Coppieters (ULB) l’a encore rappelé ce dimanche. Plus d’un spécialiste se demande pourquoi le Conseil national de sécurité ne s’est pas encore prononcé sur ce point. Même si certains, comme M. Coppieters, doutent de notre capacité à pouvoir mettre en place un dépistage plus massif autour des zones où sont enregistrées de nombreuses contaminations. Pour les experts, il est impératif de permettre à chacun de se faire tester de façon plus simple et de réduire le délai entre le test et le résultat (dans les 24 heures si possible).

La réunion s’annonce chaude ce lundi matin…

Mesures fortes au Conseil National de Sécurité ce lundi: suivez la journée en direct

Mesures fortes au Conseil National de Sécurité ce lundi: suivez la journée en direct

Ce lundi 27 juillet, un nouveau Conseil national de sécurité (CNS) a eu lieu. Programmé d’urgence suite aux derniers chiffres de l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique considérés comme inquiétants, voici les nouvelles mesures adoptées.

Revivez la conférence de presse de Sophie Wilmès en vidéo

Voici les éléments à retenir

- A partir du mercredi 29 juillet La bulle sociale passe de 15 personnes par semaine à 5 personnes, toujours les mêmes, pour les quatre prochaines semaines. De plus, et contrairement à avant, la limite de cinq personnes est valable pour un foyer en entier et non plus par personne.

- Retour en arrière pour les magasins. Il faudra désormais refaire ses courses seul et pour une durée maximale de 30 minutes ! Vous pouvez être accompagné d’un mineur vivant sous le même toit ou d’une personne ayant besoin d’une assitance.

- Le télétravail est fortement recommandé quand cela est possible.

- Alors que le nombre de personnes autorisées pour les événements devait doubler au 1er août, le CNS a décidé de réduire ce nombre. Désormais, 100 personnes pourront assister aux événements à l’intérieur, et 200 à l’extérieur. Le masque sera obligatoire.

- Pour les réunions non organisées, comme pour les rassemblements, les sorties ou les rencontres avec la famille ou les amis, celles-ci seront limitées à 10 personnes maximum. Cette limite n’inclut pas les enfants de moins de 12 ans. Sont considérés comme des réunions non organisées, les réceptions et les banquets.

- Les mariages, fêtes privées, sont aussi limités à maximum dix personnes.

- Pour éviter certaines affluences dans des endroits très fréquentés du pays, la mesure qui visait à accorder des trajets en train gratuits aux citoyens sera reportée en septembre.

- Les coordonnées seront demandées dans des endroits commes les centres de bien-être, les wellness, les salles de sport.

- Concernant l'approche locale, nous insistons pour que les autorités locales agissent de manière décisive dans leur commune si la situation épidémiologique s'aggrave. Elles reçoivent les données épidémiologiques des autorités régionales et disposent d'une large marge d'intervention si la situation l'exige.

Revivez la conférence de presse de Sophie Wilmès en direct commenté :

Revivez les grands moments de cette journée en notre compagnie:

– 15h10 : Annonce très attendue, celle concernant les événements. Selon nos informations, la limite serait réduite de moitié. 100 participants seraient autorisés pour un événement intérieur, 200 pour un événement extérieur.

–  14h55 : On sait ce qui a été décidé concernant la bulle sociale. Ce sera 5 par famille pendant un mois. Informations ici.

–  14h30 : La réunion prend fin petit à petit ! Sophie Wilmès vient d’annoncer que la conférence de presse annonçant les mesures aurait lieu à 15h45 !

–  13h30  : le gouverneur de la province d’Anvers a quitté la réunion. Elle doit assister à une réunion de crise concernant sa province. Il est possible que des mesures plus sévères soient adoptées pour la province anversoise vu la situation.

–  13h00 : le Conseil national de sécurité s’éternise. Il faut dire que des décisions importantes doivent être prises. On ne sait toujours pas à quelle heure lieu la conférence de presse.

–  12h15  : Vers un reconfinement local de quartiers ou de villes ? « Je pense que c’est nécessaire », estime Denis Ducarme. Sa déclaration ici.

–  11h45  : dans 121 communes du pays, le seuil d’alarme a été dépassé. Découvrez ici si votre commune est concernée.

–  11h : le Centre crise a tenu sa conférence de presse : voici ce qu’il faut en retenir.

–  10h30  : un invité « surprise » est de la partie ce lundi matin au CNS. Nos infos ici.

–  10h : pendant ce temps, 230 citoyens rappellent qu’ils ne sont pas ravis des décisions prises par les autorités… et attaquent l’état belge  !

–  9h30 : Koen Geens, le ministre de la Justice, a confirmé que la situation avait énormément évolué ces derniers jours : « Aucun d’entre nous ne pensait que ce serait si mauvais ».

–  9h : le CNS a débuté. Pour Marc Van Ranst, il s’agit de « la réunion la plus importante depuis mars ».

– 8h45 : selon nos informations, le Celeval aimerait faire passer la bulle sociale à 5 personnes par semaine. Nos informations ici.

–  6h45 : les chiffres du jour continuent d’augmenter : tous les détails ici.

– 6h30 : Bulles sociales, masques, confinement… : le Conseil national de sécurité veut frapper fort ce lundi ! Voici ce qui est à l’ordre du jour.

La bataille du lockdown d’Anvers

Les Anversois seront-ils à nouveau confinés
?
Les Anversois seront-ils à nouveau confinés ? - Belga

Faut-il reconfiner ou non tout ou partie de la ville d’Anvers ? La question a été, dimanche, l’objet d’une nouvelle bataille d’experts. Reconfiner la ville entière est la seule solution pour un expert de la VUB, alors que l’un de ses collègues de l’ULB (l’équivalent francophone de la VUB) envisage tout au plus le confinement d’un quartier pendant quelques jours.

Anvers, reine de Flandre

Anvers, c’est la principale ville flamande, la seconde du royaume en importance, un poumon économique, une ville très touristique. « C’est une ville fantastique », a twitté hier le virologue Marc Van Ranst, « qui mérite une visite… Mais plus tard, quand on aura maîtrisé le virus. »

En fin d’après-midi, l’expert très médiatisé trouvait qu’il était trop tard pour imposer un « lockdown » à Anvers, maintenant que le virus s’était déjà répandu au-delà de la ville. C’est carrément la Flandre qui doit faire l’objet de mesures plus sévères, ajoutait-il.

Dirk Devroey est vice-doyen de la faculté de médecine et de pharmacie à la VUB. il a jeté un pavé dans le port en affirmant, hier, que « confiner entièrement Anvers était la seule solution pour lutter contre la propagation du virus. Dans d’autres pays, la décision aurait été prise depuis longtemps ! ».

L’Espagne et l’Allemagne n’avaient pas tergiversé, il y a quelques semaines, pour reconfiner Lerida (Catalogne) et Gütersloh (Rhénanie du Nord-Westphalie). Anvers cumulait, samedi, la moitié des nouvelles contaminations dans notre pays. « Dans l’arrondissement anversois, on a grimpé à 77 infections par semaine pour 100.000 habitants. En Allemagne, un arrondissement qui compte plus de 50 contaminations pour 100.000 habitants est confiné », a renchéri M. Devroey.

Meilleur dépistage

Qu’attend-on alors pour reconfiner la Métropole ? Pas si vite, intervient un autre expert de l’université bruxelloise, mais version francophone (ULB). Pour Yves Coppieters, « c’est une échelle beaucoup trop grande », a-t-il dit à la RTBF. « On peut éventuellement confiner un quartier ou un milieu particulier pendant quelques jours, 10 jours maximum, mais imposer cela à l’échelle d’une ville ou d’une population très large, alors qu’on parle de 200 à 300 cas par jour qui ne sont pas tous graves, c’est une mesure trop importante. »

Il plaide pour une meilleure stratégie de dépistage, avec des tests plus massifs dans les provinces les plus touchées.

Yves Van Laethem: «C’est une grosse vaguelette»

Yves Van Laethem reste malgré tout positif.
Yves Van Laethem reste malgré tout positif. - DR

« Comme la Première ministre nous demandait notre avis avant la tenue du CNS de ce lundi, nous nous sommes donc réunis et nous lui avons fourni une palette de propositions ». Lesquelles ? Le médecin est tenu par son devoir de réserve. « On en a remis beaucoup dans notre rapport. Cela ne veut pas dire que le CNS les prendra toutes ».

Nous posons quand même la question qui brûle les lèvres : « Peut-on envisager un lockdown d’Anvers et de sa région ? » Endroits où la plupart des nouveaux cas se produisent… « Cela fait partie des choses qu’on peut envisager un moment ou l’autre. C’est ce qui pend au nez car on doit tout faire pour que les autres pays ne nous excluent pas ».

Yves Van Laethem comprend que les Belges, et les journalistes, ont du mal à comprendre la situation actuelle. « On est quelque part entre ma vaguelette et la deuxième vague de Van Ranst », résume-t-il. « Sur la courbe, cela donne même une grosse vaguelette. Il ne faut pas beaucoup pour que ce soit quelque chose de significatif. On est à une croisée des chemins et le fait d’avoir avancé le CNS de vendredi à lundi est une bonne chose ».

Avec, en perspective, le retour des juillettistes et le début des soldes. « Qu’on ne peut plus reculer. On ne va quand même pas déplacer ces soldes, je parle de la vente des vêtements, au mois de septembre ». Le spécialiste laisse entendre que le secteur en a déjà assez bavé.

On se doute, en l’entendant, que des décisions plus coercitives vont être prises. Mais, non, on ne fermera pas à nouveau les frontières. Par contre, pour l’obligation du port du masque, il devrait être généralisé. Il faut que le citoyen s’y retrouve un peu quand on voit les décisions prises ou pas dans certaines communes. « Il doit y avoir une position nationale de solidarité même si on voit que les Wallons ne sont, généralement, pas réfractaires au port du masque ».

Bref, poursuit, Yves Van Laethem, « on va serrer la vis en Belgique pour endiguer au mieux l’épidémie dans de larges parties du pays ». Avec le soutien de la police qui continuera à sévir pour éviter les grands rassemblements.

« Un oiseau pour le chat »

Samedi, nous avions, dans nos colonnes, trouvé des raisons de positiver. La sous-mortalité en faisait partie. « C’est clair. Il faudra regarder les chiffres en fin d’année. On ne sera certainement pas à une surmortalité de 10.000 cas ». Les personnes, en fin de vie, qui devaient mourir, sont décédées quelques années, voire quelques mois plus tôt.

Yves Van Laethem revient sur le décès de la fillette bruxelloise de trois ans survenu le 20 juillet mais révélé que ce vendredi. « C’était un oiseau pour le chat. Elle est morte avec le Covid-19 mais pas du Covid-19 ». Il ne faut pas que ce malheur fasse peur aux parents. « Ce serait un contre-message ».

Il espère que la rentrée scolaire se fera « normalement ». « C’est notre volonté. Nous allons tout faire en sorte pour que ce soit le cas… sauf si la situation est dramatique dans le pays ». Ce qui n’est pas le cas.

Une autre question à laquelle il attend une réponse : « Quelle est la sévérité des cas aux soins intensifs ? » « Je l’ai posée à deux reprises, j’attends la réponse. Met-on aujourd’hui des patients de 88 ans en réanimation, ce qui n’était peut-être pas le cas quand les services étaient encombrés ? J’aimerais connaître l’âge moyen et les pathologies de ces patients… »

Autre question (sans réponse) posée par le spécialiste : « Combien de temps en moyenne le patient reste-t-il à l’hôpital ? » « J’ai l’impression qu’on est aujourd’hui à une semaine. Plus à deux voire trois semaines ». Cela voudrait dire que les cas traités sont moins sévères…

Notre sélection vidéo
Aussi en Belgique