Nordahl Lelandais condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre

Nordahl Lelandais condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour meurtre
AFP

L’homme de 38 ans, en détention depuis près de quatre ans, mains jointes et chemise blanche, n’a pas réagi à l’énoncé du verdict, prononcé après sept heures de délibéré, se contentant d’échanger quelques mots avec son avocat.

La cour d’assises de la Savoie n’a que partiellement suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé le maximum encouru, soit 30 ans de réclusion criminelle. Elle a revanche assorti cette peine d’une période de sûreté des deux tiers, comme réclamé par la procureure générale.

Pendant les débats aura plané l’ombre de Maëlys De Araujo, 8 ans, tuée, selon lui involontairement, par ce même Nordahl Lelandais quelques mois seulement après la disparition d’Arthur Noyer.

Nordahl Lelandais devra passer par un deuxième procès d’assises, en 2022 à Grenoble, pour cette affaire qui avait ému au-delà des frontières.

A Chambéry, le verdict de mardi met un terme au moins provisoire à une histoire commencée dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 : Arthur Noyer, chasseur alpin de 23 ans, disparaissait du centre-ville de Chambéry.

Nordahl Lelandais n’avait été mis en cause qu’en décembre de la même année, alors qu’il était déjà en détention provisoire pour l’affaire Maëlys.

Après trois ans d’enquête et sept longues journées d’audiences, la justice a jugé Nordahl Lelandais coupable du meurtre du militaire. L’accusé s’était depuis le début du procès évertué à défendre sa position : celle d’une bagarre qui a mal tourné, d’une rixe mortelle lors de laquelle il n’avait pas l’intention de tuer.

Assurant qu’aucune preuve ne caractérisait l’intention homicide, sa défense, incarnée par Alain Jakubowicz, avait plaidé les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un crime puni de quinze ans de réclusion criminelle.

Pour le ministère public, pas de doute, l’intention homicide était présente cette nuit-là chez Nordahl Lelandais, même si, sans scène de crime ni corps de la victime, l’enquête n’a pas pu apporter d’éléments irréfutables.

En matinée, l’avocat de la famille Noyer Bernard Boulloud avait dénoncé un accusé « se terrant dans ses mensonges ».

« Il ne dira jamais, au grand jamais, la vérité sur les circonstances de la mort d’Arthur Noyer, juste pour sauver sa peau, juste par lâcheté », avait affirmé Me Boulloud, devant un large portrait de la victime posé aux côtés de ses parents, face au box depuis le début du procès.

« Je présente mes plus sincères excuses, à vous la famille Noyer, à vous la famille Maltet (la mère) et à vous, Arthur », avait déclaré l’accusé regardant en direction des proches de la victime à l’issue des débats de mardi, juste avant que le jury ne parte délibérer vers 16h30.

« Le pardon n’est pas une formule magique pour moi. Il est vraiment nécessaire », a-t-il poursuivi, répétant qu’il n’avait « jamais voulu donner la mort » au chasseur alpin de 23 ans.

Le procès a connu ses moments d’émotion, notamment quand, à son troisième jour, Didier Noyer, le père de la victime, était allé à la rencontre de la famille de Nordahl Lelandais, enlaçant la mère de l’homme qui a tué son fils.

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