Cuesmes: la banquière a volé 63.000 € à sa cliente de 80 ans

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Cette maison de la rue de Nimy à Mons avait été saisie à titre conservatoire.
Cette maison de la rue de Nimy à Mons avait été saisie à titre conservatoire. - G.M.

Yvonne (80 ans) se perdait dans ses comptes

Le montant sera prélevé sur la part indivise que la prévenue possède, rue de Nimy à Mons : une maison qui avait été saisie en novembre 2012 à titre conservatoire.

La femme revient de loin, car l’enquête du parquet menait à la soupçonner d’avoir en réalité détourné 211.000 euros… au moyen d’une trentaine d’opérations de virements !

« 63.000 euros : c’est déjà cela dans l’attente d’une éventuelle suite au civil », confie Me Stéphane Hautenauve, avocat de la légataire universelle d’Yvonne, décédée en février 2017. « Le parquet ayant décidé de la saisie conservatoire de la maison que l’agente avait achetée, des détournements étant avérés, la partie civile pourra récupérer sa mise moyennant vente du bien, en vente publique ou autre. Un candidat acquéreur est sur le carreau, ayant engagé de l’argent pour son achat, sans que la vendeuse l’ait mis au courant que la maison était saisie. » Vu le jugement, le dossier de la vente du bien désormais confisqué devrait se débloquer au plan civil.

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Mais revenons aux détournements par abus de confiance. Somme toute, l’enquête n’a permis d’attester que trois (grosses) opérations litigieuses, qui auront permis de tromper la cliente et de la voler. Angélique y a signé à la place d’Yvonne. Le tribunal, présidé par Jean-Marc Ruchard, la somme de rembourser les trois montants successifs ad hoc qu’elle s’est appropriés entre 2010 et 2011 : 25.000, 24.500 et 13.762 euros, égale 63.262 euros. La prévenue a réalisé des virements électroniques et un chèque (de 13.700 euros : le seul qu’elle a avoué), totalisant donc trois faux intellectuels.

Les quelque 28 autres opérations (de moindre montants …) que le parquet estimait suspectes, passent pour avoir été signées par Yvonne. Angélique, à qui la dame faisait confiance, passait tous les deux mois avec environ 2000 euros, qu’elle avait l’autorisation de prélever sur le compte de l’aïeule : elle le lui apportait en liquide de manière à permettre à l’octogénaire d’effectuer ses courses entre autres dépenses du quotidien. La petite trentaine de virements pourraient correspondre à ces missions autorisées par la cliente : le contraire n’est pas démontré, dit le jugement. Yvonne, octogénaire, se perdait dans ses comptes… Elle voyait bien que quelque chose n’allait pas.

Aucun héritier

Elle est décédée en février 2017 avec ses tracas, sans laisser d’héritier. Sa légataire universelle a diligenté l’enquête, avec son avocat Me Stéphane Hautenauve. Angélique devra lui payer 5.000 euros de dommage moral.

Le parquet avait demandé à ce qu’elle soit interdite de fonction financière, 5 ans durant. Le tribunal n’a pas accédé à cette revendication.

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