Voile: le coup de force du politique...

Editorial
Voile: le coup de force du politique...

On a beau tenter de maquiller la décision avec des mots comme « la neutralité exclusive sauvegardée », la « lutte contre le prosélytisme » ou les « dérogations possibles », la réalité saute aux yeux. Le gouvernement bruxellois a ouvert une faille institutionnelle dans le principe de la neutralité et prive une institution aussi importante que la STIB de son autonomie.

Que la question du port de signes convictionnels soit sensible, complexe et clivante, personne ne le conteste. Mais cet empressement de la majorité à se saisir du dossier et à l’enterrer définitivement pose question. Tout d’abord, il s’agit d’une immixtion dérangeante au sein d’une entreprise autonome. Mais surtout, d’un terrible désaveu pour une direction qui a fait ses preuves, notamment sur le terrain de la diversité. Et puis, en refusant d’aller en appel d’un jugement très controversé, le gouvernement étouffe le débat, alors qu’il aurait été intellectuellement très intéressant d’élargir la palette des arguments et d’entendre l’avis d’autres juridictions. Politiquement, cette affaire laissera des traces. Notamment sur le terrain bruxellois, où le PS et Ecolo risquent d’être entraînés dans une spirale et une surenchère dont on ne connaît pas encore les limites. Le président du PS avait estimé « qu’à titre personnel », il irait en appel. Les socialistes bruxellois ont pris ses propos au pied de la lettre, en décidant de ne pas suivre l’avis personnel de Paul Magnette.

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