Kewal Singh est condamné à 25 ans pour un crime d’honneur à Evere

Kewal Singh est condamné à 25 ans pour un crime d’honneur à Evere

L’avocat général Denis Goeman avait requis une peine de 25 ans de prison minimum à l’encontre de Kewal Singh, reconnu coupable mercredi, par le jury, d’un crime d’honneur. Il a été établi que Kewal Singh a tué sa femme, Jugvinder Kaur, en août 2012, parce que la procédure de divorce que celle-ci avait entamée aurait été une atteinte à son honneur et à sa famille. Le corps de la victime n’a toutefois jamais été retrouvé.

Les jurés sont tout d’abord parvenus à la conclusion que Jugvinder Kaur ne pouvait qu’être décédée, et ont écarté la thèse du suicide en relevant notamment que plusieurs témoins ont affirmé qu’elle était de plus en plus sûre d’elle après avoir quitté son mari et qu’elle s’épanouissait dans sa nouvelle vie. Ils ont également écarté la thèse d’un départ volontaire de la jeune femme, épinglant qu’il n’y avait plus eu aucun retrait bancaire de sa part après le 26 août 2012, et qu’elle n’avait plus jamais été en contact avec sa famille et ses proches alors qu’elle les appelait régulièrement.

Ensuite, les jurés ont considéré que la seule hypothèse crédible était que Jugvinder Kaur a été victime d’un homicide volontaire dont le commanditaire est son mari, Kewal Singh. «C’est l’une des dernières personnes à l’avoir vue vivante et il savait qu’un mois plus tard ils devaient tous deux à nouveau comparaître devant le juge de paix. Il redoutait que la garde de leur fils lui échappe et ne pouvait plus ignorer que la procédure de divorce allait être enclenchée avec pour conséquence le partage de ses biens», affirme la cour dans son arrêt. «Pour lui, il s’agissait d’une atteinte à son honneur et à sa famille».

Les jurés ont considéré que Kewal Singh, dont il ressort de l’enquête qu’il avait un ascendant certain sur les personnes qui travaillaient pour lui, avait envoyé deux hommes de main dans la région de Ghislenghien pour faire disparaître le corps.

Le 4 septembre 2012, Jugvinder Kaur a été signalée disparue par l’une de ses amies. Six mois plus tôt, elle avait quitté son mari, Kewal Singh, en fuyant le domicile conjugal à Schaerbeek, avec leur fils âgé d’un an. Elle s’était ensuite installée seule dans un appartement à Evere et avait débuté une vie hors des traditions de la religion sikhe auxquelles elle s’était pliée jusqu’alors.

Les mois suivants, elle avait déposé plusieurs plaintes contre son mari et l’entourage de celui-ci pour menaces, harcèlement et tentatives d’intimidation.

Jugvinder Kaur avait donné signe de vie pour la dernière fois le 26 août 2012. L’enquête n’a jamais permis de retrouver son cadavre.

Kewal Singh avait déclaré qu’il s’était rendu chez elle ce jour-là vers 10h00 pour aller chercher leur fils, mais qu’il n’y avait personne lorsqu’il était venu le reconduire le soir. Parminder Singh Kakania, qui travaillait pour lui dans ses magasins de nuit et ses magasins de téléphonie, avait donné une autre version. Selon lui, le matin du 26 août, Jugvinder était revenue en voiture avec Kewal Singh jusqu’à chez lui, place Liedts à Schaerbeek. Il avait ajouté que ce même jour Kewal Singh lui avait ordonné de prendre le Thalys à la gare de Bruxelles-Midi jusqu’à Paris pour aller abandonner le GSM de son épouse là-bas, ce qu’il a fait.

Parminder Singh Kakania avait aussi affirmé qu’un autre employé de Kewal Singh et le frère de ce dernier étaient impliqués dans la disparition de Jugvinder Kaur. Il avait raconté que ces deux hommes avaient fait «du repérage» non loin d’Ath. La téléphonie et l’analyse des portiques de comptage de l’autoroute vers Ath ont pu confirmer que les deux hommes s’étaient bien rendus dans cette région, le jour de la disparition de Jugvinder Kaur.

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