Ihsane Haouach démissionne: «La seule solution», réagit Bouchez

Ihsane Haouach démissionne: «La seule solution», réagit Bouchez

Sa nomination par Mme Schlitz avait été rapidement contestée par le MR, dont le président, Georges-Louis Bouchez, avait déclaré que cette désignation découlait d’une « prérogative de la secrétaire d’État sans que nous ayons été consultés ».

« La désignation d’une femme portant un signe convictionnel comme commissaire du gouvernement de l’institut de l’égalité des femmes et des hommes est totalement contraire au principe de neutralité de l’Etat », avait-il ajouté sur Twitter.

Mais c’est une interview publiée samedi par le journal ’Le Soir’ qui a fait enfler la polémique. Mme Haouach y défendait sa conception de la neutralité en expliquant que le principe de la séparation de l’Église et de l’État pouvait se décliner en fonction du changement démographique.

Estimant qu’interdire le port de signes convictionnels, dans le débat sur la neutralité de la fonction publique, était « discriminatoire », Ihsane Haouach considérait que les principes fondateurs de l’État n’étaient pas mis en danger par l’apparence mais par la montée des réactions d’extrême droite. « La discussion n’est pas : est-ce qu’on remet en cause la séparation de l’Église et de l’État ?, c’est : comment la décline-t-on avec un changement démographique ? », avait-elle dit.

Jeudi, en séance plénière de la Chambre, le Premier ministre Alexander De Croo avait prévenu la commissaire du gouvernement qu’« il n’y a pas de marge pour de nouveaux incidents ».

Bouchez réagit

Ce vendredi soir, le président de MR Georges-Louis Bouchez a réagi après cette démission. « La démission de la commissaire du gouvernement était la seule solution. La neutralité de l’Etat est intangible. Le respect des personnes doit rester de mise. Ainsi, le combat est contre le communautarisme, pas contre des individus, pour un réel vivre ensemble », a-t-il écrit sur Twitter.

EDITO > Neutralité: un carton jaune qui pourrait virer au rouge…

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En cette période de pandémie, d’incertitude sociale et de crise économique profonde, la Belgique ne peut se permettre des crises à répétition sur la désignation d’une commissaire au gouvernement. C’est pourtant dans cette situation surréaliste, voire carrément kafkaïenne, que se trouve le gouvernement fédéral depuis qu’Écolo a choisi Ishane Haouach, jeune femme portant le voile, pour le représenter à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Hier, en adressant un carton jaune à sa commissaire et en obligeant la secrétaire d’État Sarah Schlitz à un sévère rétropédalage, Alexander De Croo a voulu mettre un terme à la polémique.

C’est que depuis quelques jours, la Flandre a découvert avec stupéfaction les propos très ambigus d’Ishane Haouach sur la neutralité. Et pour les partis flamands de la majorité Vivaldi, il était impératif d’éteindre très vite cet incendie, qui pourrait offrir une voie royale à la N-VA et au Belang.

Cet avertissement sévère sera-t-il suffisant pour ramener de la sérénité dans la majorité ? Pas sûr. Car désormais, le doute s’est insinué et on voit mal comment Ishane Haouach pourra continuer son mandat après un recadrage aussi dur. Le mieux, pour la majorité, pour Écolo et surtout pour Ishane Haouach elle-même, serait de changer le casting.

Car il faut bien reconnaître que malgré le beau CV et l’intelligence de la commissaire, sa candidature a été mal préparée et mal gérée. Or, le combat pour l’égalité femmes-hommes est central dans notre société et mérite d’être porté par des personnes crédibles qui peuvent s’exprimer sans être sous tutelle et en sursis permanent.

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