Alexander De Croo: «Il faudra une discussion franche avec les Etats-Unis»

Alexander De Croo: «Il faudra une discussion franche avec les Etats-Unis»
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L’opération en Afghanistan et le soutien qu’y ont apporté les pays de l’OTAN ont été décidés à la suite des attentats du 11 septembre 2001 en application de l’article 5 du traité de l’organisation qui consacre la défense collective, c’est-à-dire le principe selon lequel si un des pays de l’Otan est attaqué les autres lui viennent en aide.

« De notre point de vue, c’est ’in together but also out together’ (ensemble dedans mais aussi ensemble dehors). Et là, clairement, la décision de quitter l’Afghanistan de la part des Etats-Unis a surpris beaucoup de partenaires. Il y a une discussion franche à avoir », a expliqué M. De Croo en faisant référence aux décisions du présidentamérciain, le démocrate Joe Biden.

À l’échelon de l’Union européenne, des leçons doivent aussi être tirées, estime le chef du gouvernement. La coopération entre Etats européens a bien fonctionné mais elle aurait pu être plus approfondie et elle semble surtout s’être déroulée entre pays qui ont déjà l’habitude de travailler ensemble, comme le Benelux.

« On doit examiner des méthodes plus structurelles. Aujourd’hui, on travaille avec des pays proches, des pays qu’on connaît bien. Il y a d’autres choses que l’on pourrait faire », a-t-il ajouté.

La diplomatie de l’UE pourrait également être étendue à des compétences consulaires, comme les passeports. « Quand la diplomatie européenne a été créée, il a été clairement stipulé que cette diplomatie n’offrait pas de support consulaire. Il faut évaluer cela. C’est un domaine où la valeur ajoutée peut être importante », a encore dit M. De Croo.

La Belgique n’a pas eu de contacts avec les talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan. « Au niveau diplomatique et militaire, tous les contacts ont été pris pour sécuriser au maximum les opérations et pouvoir aider les gens là-bas. Cela a été clairement fait avec nos pays partenaires à qui nous avons pu donner beaucoup d’informations et qui nous ont donné beaucoup d’informations aussi », a souligné le Premier ministre.

Pour ce qui est de l’avenir des relations avec le nouveau régime, celles-ci dépendront des actes posés par les talibans et de la concertation internationale, a rappelé la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès.

« La Belgique n’a pas de relation institutionnalisée avec les talibans. Le type de relations avec le gouvernement à mettre en place est discuté dans les forums internationaux – Conseil européen, Otan, Nations unies. Les négociations sont toujours en cours. En fonction du type de gouvernement qui sera mis en place, de ses actions et non de ses paroles, et ce sur la durée, nous envisagerons de commun accord un maximum de partenaires, et je l’espère les partenaires européens, le type de relation et le statut que nous aurons avec le gouvernement à mettre en place », a-t-elle déclaré.

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