«Nous devons réformer aujourd’hui, le temps est venu», déclare Vincent Van Peteghem

«Nous devons réformer aujourd’hui, le temps est venu», déclare Vincent Van Peteghem
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«Je ne veux pas que l’on regarde un jour en arrière pour constater que l’on a manqué des occasions. Nous devons accomplir aujourd’hui de grande réformes», a expliqué le ministre CD&V. «Nous sommes à un moment charnière. Nous devons le faire maintenant. Je suis convaincu que cette période est exceptionnelle, oui, historique».

A ses yeux, la situation d’aujourd’hui est comparable aux années 1990 durant lesquelles le Premier ministre Jean-Luc Dehaene (CVP) a lancé son Plan global afin de permettre à la Belgique d’entrer dans l’euro. «Dehaene a couru un marathon, nous devons aussi courir un marathon», a-t-il ajouté.

Les défis sont nombreux: mettre plus de gens au travail, réformer le système des pensions et réaliser une réforme fiscale. La diversité des opinions politiques au sein de la coalition Vivaldi ne lui fait pas peur. «L’espoir fait vivre», a dit M. Van Peteghem, en faisant remarquer que la coalition précédente -réunissant les libéraux, la N-VA et le CD&V- présentait une plus grande cohérence idéologique sur les thèmes socio-économiques mais n’avait pas, selon lui, débouché sur de grands résultats. «Le gouvernement suédois est plus cohérent idéologiquement, il aurait dû mener de grandes réformes mais ça n’a pas marché».

Pas d’autre solution que de réformer

Le ministre ne conteste pas toutefois les tensions existant entre les partenaires du gouvernement De Croo. «Nous n’allons tout de même pas devenir nerveux à cause de sondages négatifs. Ce qui me rend nerveux c’est le nombre de malades sur le marché du travail, le manque de confiance des jeunes à l’égard des pensions et un système fiscal qui n’est pas juste», a-t-il expliqué.

A ses yeux, il n’y a pas d’autre solution que de réformer. «Sinon, nous saurons tout de suite ce que sera le résultat en 2024 (année des élections)», a-t-il poursuivi.

Le gouvernement De Croo s’affaire pour le moment à confectionner un budget pour l’an prochain. Le ministre des Finances n’a pas voulu s’avancer sur les mesures en discussion. Il a toutefois posé une balise. «Les gens qui, durant la crise, ont continué à travailler et n’ont pas reçu un centime d’aide corona doivent être épargnés», a-t-il dit.

D’où viendra l’argent? M. Van Peteghem a exclu toute opération «sale-and-lease-back». «C’est ce qu’a fait le gouvernement violet (socialiste-libéral) entre 1999 et 2007. La vente de bâtiments publics a permis des rentrées à court terme mais, des années plus tard, nous devons constater que la location de ces mêmes bâtiments nous a coûté un demi-milliard de plus que ce que la vente a rapporté. Je ne veux plus de cela. Nous voulons des mesures structurelles: réformes fiscales, par exemple la fiscalité des joueurs de football, et une accélération de la lutte contre la fraude fiscale et sociale».

Le ministre a également dû répondre à quelques questions sur l’augmentation galopante du prix de l’énergie, une taxe sur la fortune, et une augmentation des prix de l’immobilier. Sur ce dernier point, le ministre s’est dit favorable à la suppression du bonus habitation pour la deuxième résidence. «C’est un incitant pour les gens qui ont déjà une habitation à en acheter encore une. Ce système doit disparaître à terme».

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