Budget fédéral: «Un point d’inflexion historique», selon Dermine

Budget fédéral: «Un point d’inflexion historique», selon Dermine
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Ces 2,6 milliards s’appuient sur une enveloppe d’1 milliard d’euros pour des investissements stratégiques dégagée par la coalition Vivaldi dans le cadre du dernier conclave budgétaire mais aussi sur le 1,25 milliard d’euros de projets fédéraux inclus dans le Plan de relance européen (PRR) et sur les 328 millions d’euros d’investissements complémentaires déjà dégagés en avril dernier.

Depuis les années 1980, la part des investissements publics dans le PIB a sensiblement et structurellement reculé en Belgique. En 2019, elle s’élevait à 2,63% du PIB, contre plus de 5% dans les années 1970, lorsqu’avaient été construites de nombreuses autoroutes et d’autres infrastructures publiques d’envergure qui ont fait la renommée du pays à l’étranger. La Belgique supplantait alors à ce niveau ses pays voisins.

Depuis donc, les investissements n’ont cessé de reculer et, en 2019, selon Eurostat, la Belgique faisait partie des États membres de l’UE qui investissaient le moins, faisant du pays «l’un des plus mauvais élèves de la classe en Europe», a fustigé vendredi Thomas Dermine.

Face à la problématique du climat, priorité absolue de la génération actuelle comme le montrent les manifestations et marches pour le climat, et à la nécessaire transition vers un paradigme décarboné, il faut donc injecter davantage de moyens financiers. Cela pour renouveler les infrastructures existantes, mais aussi pour réussir la transition énergétique, a insisté le secrétaire d’Etat.

La coalition Vivaldi s’était d’ailleurs fixée comme objectif, dans son accord de gouvernement, le retour à un taux d’investissements publics de 4% du PIB à l’horizon 2030 et avec une étape à 3,5% du PIB en 2024.

Pour arriver au but fixé pour dans trois ans, quelque 13,4 milliards d’euros sont nécessaires au niveau national pour la période 2020-2024, dont 2,4 milliards reviennent à l’échelon fédéral. Mais l’exécutif De Croo a finalement présenté une programmation complémentaire de 2,6 milliards d’euros sur la législature.

«Les ambitions de l’accord de majorité sont donc largement atteintes même si une croissance soutenue sera nécessaire sur le long terme. Entre 2019 et 2026, on assistera à une hausse de l’ordre de 50% des investissements publics annuels du Fédéral», situe encore Thomas Dermine.

«Ce qu’on fait ici est historique!», a lancé le secrétaire d’Etat, né en 1986. «J’ai toujours vécu dans un pays qui réduisait les investissements publics. C’est la première fois en quarante ans qu’on inverse la logique. C’est un point d’inflexion historique dans la courbe en la matière qu’on vise aujourd’hui.»

«Ce soutien fédéral aux investissements publics se fera hors trajectoire budgétaire et, dès lors, n’affectera pas les ni les prestations sociales et de santé, ni les services publics. C’est un changement de paradigme important et qui témoigne de l’importance consacrée à notre politique d’investissements pour répondre aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux de notre pays», souligne encore Thomas Dermine.

La Vivaldi entend marquer un tournant dans la politique d’investissement public du Fédéral en investissant donc «plus» mais aussi «mieux». La coalition a, pour ce faire, formulé des mesures visant à améliorer de manière structurelle la qualité de l’investissement public.

Parmi elles, on retiendra la mise en place d’un suivi de qualité pour une meilleure mise en oeuvre des investissements et plus de transparence quant à ceux-ci. Un rapport d’avancement de la mise en oeuvre du plan sera notamment réalisé tous les six mois à partir d’avril 2022. Ce document sera discuté avec les partenaires sociaux et d’autres parties prenantes.

Autres mesures: l’amélioration du traitement budgétaire des investissements en intra-belge et l’ajustement des règles budgétaires européennes, qui stipulent que le déficit public annuel ne doit pas excéder 3% du produit intérieur brut (PIB) et que la dette publique ne peut dépasser les 60% du PIB. Un cadre «poussiéreux et complexe», contenant des «règles stupides et obsolètes» que la Belgique souhaite revoir et pour laquelle elle mènera un débat proactif sur la question dans les prochains mois.

Outre un co-financement avec le secteur privé en matière de rénovation des bâtiments, le gouvernement souhaite que la politique d’achat fédérale soit dorénavant plus verte (avec des clauses environnementales), plus sociale (éviter le dumping social et privilégier les PME belges) et plus efficace.

Enfin, le Conseil d’Etat devra être réformé afin de raccourcir sensiblement les délais de traitement des affaires, là où des projets qui présentent un intérêt stratégique pour le pays se trouvent ralentis par des complexités administratives et des procédures d’octroi de permis longues et fastidieuses.

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