Bilan communal à mi-mandat: le CPAS de Pecq en état de précarité financière

Pour le bourgmestre Aurélien Brabant, il faudra prendre des décisions courageuses au CPAS.
Pour le bourgmestre Aurélien Brabant, il faudra prendre des décisions courageuses au CPAS. - B.L.

Maison de repos ne répondant aux normes légales, résidence-services dont seuls 10 des 36 appartements sont occupés, relations tendues entre certains au sein du CPAS, budget 2021 voté à trois mois du terme de l’exercice… la situation financière du CPAS est sur toutes les lèvres quand il s’agit de dresser le bilan à mi-mandat.

Le CPAS occulte le reste. Ou quasi. Mais « je refuse qu’on dise que la situation s’est aggravée depuis qu’on est là », nous dit d’entrée le bourgmestre Aurélien Brabant. « La situation dans laquelle on se trouve m’inspire plusieurs réflexions. Pour la résidence-services, il aurait fallu un master plan. Il n’a pas été fait. Il aurait permis de comprendre qu’il ne fallait pas 36 appartements ! Le rôle du CPAS est-il de ramener des gens de l’extérieur pour remplir la résidence-services ? Non selon moi ».

Pour le bourgmestre, le CPAS doit faire l’objet d’une « courageuse réflexion. Il faudra prendre des mesures fortes si on ne veut pas plonger. En termes de gestion, de personnel… Il faudrait notamment adapter les prix, ceux des repas ou le prix journalier. Ce n’est pas voler les gens que de tenir compte des réalités d’aujourd’hui. On ne peut pas tout absorber. De l’argent, il faut en trouver. L’héritage est dur… », conclut le bourgmestre de Pecq.

Aurélien Brabant revient également sur « cette première expérience ». Passons l’épisode de la COVID qui a été « dur pour tout le monde ». Aujourd’hui, il en appelle « à la rigueur. Nous avons apporté du professionnalisme, dans la planification des travaux, des avancées en mobilité douce ». Il avance le bail d’entretien des routes, la place d’Hérinnes, mais aussi le conseil des aînés, diverses réalisations en faveur de l’environnement.

Examen de conscience

« Nous sommes allés chercher de l’argent où les subsides étaient disponibles et nous continuerons à le faire. Nous nous sommes battus pour faire aboutir la réfection du pont de Pecq, la RN50. Nous avions un déficit en termes de matériel et de véhicules pour le service des Travaux. On a revu la flotte »…

Partenaire de la majorité, Jonathan Ghilbert (PS) est en charge d’un département sensible : les finances. Son regard est « contrasté » sur les années de cette majorité. Il évoque « trois périodes : celle du changement, celle de la COVID et la gestion des finances ». Pour l’argentier pecquois, « on peut avoir des projets, c’est même très bien, mais nous allons être rattrapés par la réalité des chiffres. Nous n’échapperons pas à un examen de conscience : nos projets pourront-ils aboutir ? Et cette question est d’autant plus d’actualité que la situation du CPAS est ultra-inquiétante ! » Jonathan Ghilbert fait volontiers le point sur quelques-uns des projets de la majorité : « La piscine, avec le concours du privé, pourra aboutir. Je me pose par contre des questions sur l’état de nos bâtiments, une question cruciale de mise en conformité. La crèche, on y travaille et nous allons répondre à un appel à projets. Notre situation est délicate, mais je ne veux pas tout mettre sur le dos du CPAS. Nous avons traversé des mois compliqués avec une énorme influence de la crise de la COVID sur la commune. Plus de dépenses, moins de recettes. Il faut le dire aussi. En tant qu’échevin des Finances, j’ai ce rôle ingrat de mettre en garde sur la situation financière délicate qui est la nôtre ».

«Préférer l’inutile à l’essentiel»: 4/10

André Demortier, chef de file de GO.
André Demortier, chef de file de GO. - B.L.

C’est sans surprise le CPAS qui inquiète le chef de file de GO.

Le groupe comptait quatre élus en début de législature. Ils ne sont plus que trois.

« Chacun sait que si la commune n’allonge pas la sauce, le CPAS sera en faillite virtuelle. La dernière modification budgétaire, dont on a discuté en concertation commune-CPAS, s’est tenue en l’absence des représentants du PS et donc de l’échevin des Finances. Ça me dépasse ! Il faut bien se rendre compte qu’alors que le bas de laine du CPAS sera épuisé, que seuls 10 des 31 appartements de la résidence-services sont occupés et que la maison de repos doit être mise aux normes dans les 3 ans, la situation de l’institution aura de graves répercussions sur le budget communal de Pecq ».

Satisfaction quand même

Le regard du conseiller sur les actions du collège est tout aussi critique : « Tout le monde réclame un bulletin communal depuis trois ans, rien n’a été fait. Pour ce qui est des travaux, des voiries, du développement rural, du musée Jules Jooris, de la maison de village d’Obigies, rien n’a bougé. Quand on n’a pas les moyens de faire l’essentiel, on ne se lance pas dans l’inutile », allusion au Caniparc de Warcoing que le conseiller qualifie de « travail de prestige ». Une satisfaction quand même : « le développement des activités intergénérationnelles du PCS (plan de cohésion sociale). C’est positif », salue le conseiller GO.

«Une grande inquiétude»: 5/10

La cheffe de file.
La cheffe de file. - A.D.

Le groupe Pecq Autrement est représenté au conseil par trois conseillers, peut-être même quatre si l’on y ajoute Christian Catteau qui a quitté GO. Au cours de ces trois années, le groupe a perdu René Smette (qui a quitté la politique). Il a été remplacé par Emmanuelle Pee.

Le bilan à mi-mandat ? « Une catastrophe ». La cheffe de file de Pecq Autrement (MR) ne cache pas sa « grande inquiétude » vis-à-vis de la situation du CPAS de Pecq. « On doit se préparer à de graves conséquences sur le budget communal. Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là ? », s’interroge la conseillère qui constate également que « ça fait trois ans que le collège actuel est en place et qu’aucun projet n’est encore sorti de terre, à l’exception des travaux actuellement menés sur la place d’Hérinnes. La majorité », enchaîne Agnès Vandendriessche, « prônait la transparence lors de la campagne, elle misait sur la communication. À part sur Facebook, il y a un déficit en cette matière. Il n’y a pas vraiment d’échanges entre le collège et les citoyens, il y a peu de rencontres citoyennes. Tout n’est pas négatif mais nous souhaiterions vraiment plus de concret », conclut la conseillère pecquoise.

Investir pour les jeunes générations

La piscine attendue à l’arrière de la cafétéria du terrain de foot.
La piscine attendue à l’arrière de la cafétéria du terrain de foot. - A.D.

Nous avons demandé au bourgmestre de Pecq de nous détailler les trois projets qu’il entend, avec son collège, mettre en œuvre au cours des trois prochaines années.

1. La crèche : « C’est un projet qui s’inscrit dans une vision plus globale. La crèche est intégrée dans notre Master Plan. On parle ici de la revitalisation du centre d’Hérinnes. Pour la crèche, nous n’allons pas mettre d’argent sur la table. Nous allons mettre un espace à la disposition d’un privé qui nous construira et mettra à notre disposition une crèche de 200 mètres carrés. Ce site RTS, que l’on appelait jadis le Port d’Anvers, offrira donc aussi du commerce et de l’habitat. Nous allons apporter de la vie dans le centre d’Hérinnes. Et cette crèche me semble être un besoin qui a été défini par tous », avance Aurélien Brabant.

2. Les bâtiments : « Il est temps d’investir dans la mise aux normes. On parle ici en termes de sécurité, de prévention et de performances énergétiques ».

Sont visés par le propos : les écoles, l’Accueil Temps Libre, la salle Alphonse Rivière à Pecq, la salle Roger Lefebvre à Hérinnes, le musée Jules Jooris à Warcoing. « On doit mettre de l’argent dans cette mise aux normes. Nous n’en sommes nulle part aujourd’hui et les problèmes s’accumulent les uns après les autres, par exemple au niveau de nos chaudières. Pecq a thésaurisé durant des années sans jamais investir dans l’entretien », regrette le bourgmestre.

3. Le parc de Warcoing : « Nous la ferons la piscine et elle va apporter beaucoup aux enfants de nos écoles qui sont privés de sorties piscine depuis plusieurs années. Nous développons une nouvelle dynamique autour de ce parc : basket, Padel, le musée Jules Jooris, le caniparc… On peut parler d’un nouveau pôle de sport, de loisir, de culture à Warcoing. Et, pour répondre à tout ce qui se dit, je ne trouve pas que le caniparc est un investissement futile qui s’est fait au détriment d’autres choses. Un investissement de 15.000 euros pour lequel nous avons beaucoup de retours positifs ».

L’héritage laissé pèse aujourd’hui très lourd…

L’héritage laissé pèse aujourd’hui très lourd…

Retour en arrière. État des routes, maison de repos menacée de fermeture car ne répondant plus aux normes, résidence-services hors-norme pour une petite commune, relations tendues entre cadres du personnel, bâtiments communaux mal entretenus…

Tout ça ne date pas de ces trois dernières années. J’entends ça depuis 10 ans. Au moins. C’est devenu une rengaine.

Des solutions, il faut en trouver. Des actes, il faut en poser.

Mais affubler aujourd’hui la majorité en place de tous les maux, des manquements hérités des erreurs du passé, d’une autre ère politique, est d’une rare hypocrisie.

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